Cinq opposants et le château « royal » de « l’émirat de Betz »
Les français n’auraient jamais du guillotiner Louis XVI, en ce matin frisquet du mois de janvier 1793. Ils en ont conçu d’autant plus de regrets éternels, pour reprendre l’expression consacrée, qu’ils ont persévéré, en exécutant, en octobre de la même année, son épouse, Marie-Antoinette. Deux claquements sinistres, deux têtes qui roulent dans la sciure de bois, pour une fin de régime sanglante.
Depuis ce double régicide pour le prix d’un, la gaulle semble inconsolable, traînant une nostalgie sans bornes et son admiration affichée pour les monarchies et leurs pompes. Alors, pour exorciser ses vieux démons républicains et apaiser son « Syndrôme de Capet », les dirigeants français ont trouvé la solution : la collaboration. Que mes amis français me pardonnent, mais en France on sait collaborer ! Même avec les pires des monarchies, les plus archaïques, les plus liberticides et les plus prédatrices.
Le cas marocain, en est la parfaite illustration. L’ancien protectorat français doit, pour l’essentiel, à la France, le renforcement de ses structures monarchiques, ses institutions, son administration et même sa constitution aux textes plagiant largement ceux de l’Hexagone.
En retour, le Maroc qui manie également à la perfection l’art de collaborer, n’a plus rien à refuser à son suzerain. Ni politiquement, ni économiquement, ni géo stratégiquement.
Et lorsqu’il prend des envies de manifester à des opposants marocains sur son sol, la France s’improvise alors, en bras séculier du régime marocain, au mépris des règles de sa propre démocratie. Comme ce fameux dimanche, lorsque, sur le chemin de Bruxelles, Mustapha Adib, Abdellah Baroudi, Hassan U Messaoud, Mahjoub Tobji et Anir Moumni, s’étaient arrêtés devant le château de Betz, propriété de Mohamed VI, ou plutôt du peuple marocain, pour en prendre quelques clichés et se livrer à quelques facéties.
Arrêtés et conduits manu militari au poste, ils y ont été entendus, dans le cadre d’une information judiciaire, pour attroupement susceptible de troubler l’ordre public. Rien que ça !
L’instant n’aura tout de même pas manqué de cocasserie. Les « Cinq de Betz » ont du attendre entre plusieurs gendarmes, que l’accès au poste où ils devaient être entendus, soit dégagé de la neige qui l’encombrait.

L’ex-capitaine Mustapha Adib et ses amis devant l’entrée de Betz, quelques minutes avant leur arrestation par la gendarmerie nationale (Photo Anir Moumni)
Ainsi, dans la France de ce vingt et unième siècle, quatre personnes qui se réunissent paisiblement, peuvent être assimilés à des fauteurs de trouble public et faire l’objet de poursuites judiciaires.
On savait ce genre de pratiques, monnaies courantes dans les « monarchies tomatières », terrorisées à la seule idée de voir germer les prémices d’une manifestation. On sait les dictateurs prompts à y emprunter à l’arsenal juridique, les armes légales, qu’ils retournent contre ceux qui leur contestent leur légitimité ou leur mal gouvernance.
La France serait-elle devenue, par la grâce de la collaboration, une extension naturelle du territoire marocain, pour voir, ainsi s’y appliquer, par procuration, les mesures liberticides décidées à Rabat ?
Les « cinq trublions » auraient-ils menacé la stabilité de la France ou l’un des fondements de la République ?
Menaçaient-ils de prendre d’assaut le château, afin d’y commettre l’irréparable ou prendre en otage son locataire, histoire d’exiger de lui, la restitution des biens spoliés au peuple marocain ?
Avaient-il eu l’intention de commettre quelques déprédations qui auraient saccagé l’environnement immédiat du château ou oblitéré le charme de ce village de l’Oise ?
Assurément non ! Armés de leur seule dérision, nos amis ne portaient, au demeurant, pour toute arme, que de simples appareils photos et des téléphones cellulaires. Quelques photos, quelques pancartes, quelques slogans et quelques minutes jugées attentatoires à l’ordre public, par une armada de gendarmes en embuscade.
Triste constat : la patrie des lumières se fourvoie dans une atteinte insupportable à deux libertés fondatrices de sa démocratie: celle de s’exprimer et celle d’aller et venir, pour protéger la tranquillité d’un dictateur, au prétexte que celui-ci est le premier employeur et le généreux pourvoyeur d’un sombre village perdu dans l’Oise !
Libérés, les « cinq itinérants » ont quitté les lieux et la clownerie s’est poursuivie sur les routes de France et de Navarre, pare-choc contre pare-choc, les gendarmes entendant raccompagner leurs hôtes de quatre heures, comme on le ferait d’invités prestigieux. Un drôle de convoi, aux allures d’infamie, en ce dimanche où l’indignité et l’abus de pouvoir auront pris le pas sur la démocratie.
Une seule conclusion à cette lamentable épisode de la collaboration, version revue et corrigée : changement de régime ou pas, Paris aura une fois de plus, fait la démonstration de son « savoir faire » en matière de défense des dictatures.
Salah Elayoubi
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Changement de régime ou pas, Paris aura une fois de plus, fait la démonstration de son « savoir faire » en matière de défense des dictatures.
En cas de doute rappeler vous Aliot Marie qui proposait le savoir faire de la france pour reprimer les tunisiens!
La france et USA ressemblent de plus en plus aux pays d’Arabie,
Cette malheureuse affaire prouve si besoin la veracite de la theorie classique Hegelienne selon laquelle le Maitre (la France dans ce cas) et l`Esclave (notre Maroc) entretiennent une relation dialectique qui implique que la survie de l`un depend entierement du support et acquiecense de l`autre. Et vice verca. Ou encore mieux le defunt Samir Amine qui distinguait entre le Centre (l`Occident, l`Amerique) et la Perpherie (1/3 monde) ou les roles se partagent comme suivant: le 1er dirige le jeu, donne les ordres et pille les richesses des moins devellopes alors que le 2me a travers sa classe dirigeante corrompu et malfaisante prostitue tous ce qu`il possede pour plaire a son maitre a condition de garder le pouvoir et humilier ses propres citoyens a chaque que la chance se presente.
Parler « des » maîtres (les gens aux pouvoirs) et « des » esclaves (les peuples exploités) comme dans le film « la grande illusion », me semble éclaircissant aussi.
Excellent papier, le ton plein de mesure renforce allègrement l’acidité du propos, tout en soulignant la véracité des faits historiques. Notez-bien qu’une république, qui a coupé la tête de son roi il ya + de 200 ans, ne s’en est toujours pas remise, et que, par conséquent, on peut souhaiter une convalescence plus rapide à une dictature pas encore tombée. La démocratie est un exercice bien difficile… Bien amicalement.
» changement de régime ou pas, Paris aura une fois de plus, fait la démonstration de son « savoir faire » en matière de défense des dictatures ».
Excellent papier s’il était un peu plus clair . il fallait préciser que la France
ne fait que défendre son Maroc qu’elle a classé dans ses livres de géographie comme étant un « département français » héritage légué par Pétain à partir de 1925, .lorsque Abdelkrim KHATTABI combattit les forces françaises dirigées par le maréchal Pétain à la tête de 200 000 hommes et une armée espagnole commandée personnellement par le général Primo de Rivera, soit un total de 500 000 soldats, qui commencèrent les opérations contre la République du Rif. Le combat intense dura une année et aboutit à la victoire des armées française et espagnole contre les forces d’Abdelkrim. En 1925, par télégrammes, Lyautey aurait demandé au Président du Conseil Paul Painlevé l’envoi d’obus à ypérite.
Abdelkrim se rend aux Français comme prisonnier de guerre, demandant à ce que les civils soient épargnés. Il n’en sera rien, les puissances coloniales ne pouvant tolérer qu’un tel soulèvement reste impuni. Ainsi dès 1926 des avions munis de gaz moutarde bombarderont des villages entiers, faisant
des Marocains du Rif les premiers civils gazés massivement dans l’Histoire, à côté des Kurdes irakiens gazés par les Britanniques. On estime à plus de 150 000 le nombre de morts civils durant les années 1925-1926.
La suite vous la connaissez:
khattabi écarté ( exilé à l’Ile de la Réunion dont il s’évadera en 1947. Il se réfugiera alors en Égypte où il y meurt en 1963), on a placé les pions (que vous connaissez) avec ce slogan: « khattabi est mort, vive le roi de du département français: Mohamed V!
بنكيران بدافوس
http://youtu.be/JS4lmqJuaGE
la France avec son « droit » et ses gendarmes donnent le ton:touchez pas à notre « roi » aussi fantoche soit il!!!
ne vous étonnez pas en revanche quand vous voyez des squads de merda et CMI et de flics tabasser les manifestants au Maroc!!
mon père disait « al koufro mellatoune ouahida »!!!
le proverbe français dit:qui se ressemble s assemble
le roi mohamed V et sa famille ont été eduqués,matés par la mère colonisatrice:la france;
au palais on parler français,on s habille français et signé svp,on faait des partouzes à la française ou chaâb y 3âdou ldahrou!!!
faut commencer par le début,chasser d abord ses porcs et leurs porcins alaouites du bled!!âad ndakro