Le cas Belliraj ou les incohérences de la lutte anti-terroriste du Maroc
Opinion. Rachida Belliraj, l’épouse d’AbdelKader Belliraj, ce Belgo-Marocain, condamné, en appel, le 17 juillet 2010, à la prison à perpétuité pour la mise en place d’un « réseau terroriste », lance un appel solennel au monde, afin d’attirer l’attention sur les conditions dramatiques de vie, dans lesquelles se débattent les familles des politiques et des islamistes condamnés à de lourdes peines de prison.
L’affaire Belliraj est au centre d’une série de controverses, qui fait penser que le chef du réseau du même nom aurait, lors des interrogatoires dans les locaux des groupes anti-terroristes, livré, sous la torture, des noms de personnes étrangères à tout acte de terrorisme.
Pour preuve, la justice hollandaise a, en effet, innocenté et libéré fin août 2012, un autre Belgo-Marocain après quatre mois de détention pour « terrorisme ». Les accusations portées par le Maroc, ayant été jugées infondées.
L’homme était accusé par Rabat, qui s’appuyait sur les procès-verbaux des services de sécurité marocains, d’avoir financé, à hauteur de deux millions d’euros, le « réseau terroriste » d’Abdelkader Belliraj.
La Belgique qui avait également interpellé l’intéressé avait, à son tour, refusé de le remettre aux autorités marocaines, devant les incohérences et les approximations apparues dans le dossier. Arrêté en avril dernier pour infraction au code de la route à Venlo, aux Pays-Bas, il avait été placé en prison sous un régime très sévère réservé aux personnes soupçonnées de terrorisme.
On se souvient également que l’Espagne avait innocenté un certain Mohamed El Bay, sur lequel pesaient les mêmes soupçons. Celui-ci n’avait, alors dû son salut qu’à sa nationalité espagnole, au contraire d’Ali Aarrass que les autorités ibériques n’avaient pas hésité à livrer au Maroc, bien qu’une longue et minutieuse enquête du juge Baltazar Garzon l’ait totalement innocenté de toute activité terroriste et malgré un avis négatif et des mesures provisoires ordonnées par le comité des droits de l’homme de l’ONU siégeant à Genève.
La Belgique, pays dont Ali Aarrass est également citoyen s’était abstenu de toute aide consulaire, ni intervention en sa faveur. Aarrass a été condamné en appel, à douze années d’emprisonnement le 1er octobre 2012, au cours d’un procès où la cause était semble-t-il entendue, tant les juges sont restés sourds aux arguments de la défense.
En octobre 2010 déjà, dans un rapport intituled »Stop Looking for Your Son : Illegal Detentions Under the Counterterrorism Law in Morocco« , Human Right Watch (HRW) avait dénoncé le traitement réservé par le Maroc aux personnes soupçonnées de terrorisme.
Dans un rapport accablant de cinquante six pages, intitulé les abus et violations commis dans la lutte anti-terroriste au Maroc, l’ONG s’appuyant sur des témoignages de personnes détenues entre 2007 et 2010, évoquait des lieux de détention secrets pendant des périodes dépassant largement les douze jours de garde à vue prévus par la loi, et des actes de torture ou de mauvais traitement.
Le Maroc, dans une réponse sans précèdent, avait souhaité réagir aux accusations de l’ONG, expliquant : « le Procureur du roi auprès de la cour d’appel de Rabat a visité le siège de la DST, fouillé dans ses locaux et établi un rapport qui indique qu’il n’y a aucun centre de détention secret et que les accusations de tortures relevées dans le rapport de HRW ne sont pas crédibles puisqu’aucune plainte n’a été déposée dans ce sens« .
La défense d’Abdelkader Belliraj qui continue d’espèrer que son client puisse, un jour, bénéficier d’un nouveau procès équitable a essuyé un rejet de son pourvoi en cassation en juin 2012.
Rachida Belliraj enfourche aujourd’hui, un nouveau cheval de bataille qui concerne les familles des détenus livrées à elles-mêmes et sans soutien financier.
Elle espère par cet appel constituer autour d’elle et des familles des détenus un collectif d’aide et de soutien.
Salah Elayoubi
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* Le cas Belliraj ou les incohérences de la lutte anti-terroriste du Maroc *
D’abord et avant tout, il faudrait définir ce que c’est que ‘ le terrotisme ‘ !!
Qu’est-ce que c’est au juste ? Et qu’est-ce qu’on appele un ‘ terroriste ‘ ?
Est-ce que Rached Ghannouchi, le ‘ terroriste ‘ d’hier, persécuté et condamné à perpétuité par contumace pour ‘complot contre le président’, et qui est aujourd’hui citoyen d’honneur de son pays et chef du Parti au pouvoir, est un ‘ terroriste ‘ ou un nationaliste ? Qu’est-ce qu’il est exactement ? Quelqu’un peut-il bien nous le dire ? Par référence à quel Droit juge-t-on les gens, dans nos malheureux pays ? Par le droit du plus fort. Celui de la dictature. ( condamnée à disparaître…)
Le Président de la république de Tunisie, Moncef Marzouki, a connu la prison sous le régime de Ben Ali, pour motif ‘ d’atteinte à la sécurité de l’Etat ‘ .
De Gaulle n’était qu’un terroriste aux yeux de Hitler, qu’il fallait appréhender et mettre sous les verrous. Ce sont des exemples historiques, et il y en a d’autres encore à travers la planète.
Alors, qu’est-ce qui fait que l’on soit un ‘ terroriste ‘ un jour, et citoyen d’honneur le deuxième jour ? Et si l’on considère qu’un terroriste est celui qui prône la violence et qui utilise la force pour arriver à ses fins, il est clair que Ben Ali était terroriste, pas Ghannouchi ou Marzouki. Tout dictateur est un terroriste, et ses procès fabriqués n’y changeront rien.
C’est le dictateur Mohamed VI qui est le seul terroriste au Maroc. Son régime ne se maintient que par la violence, la torture et la terreur, comme le fut celui de Ben Ali. Les militants et les activistes qui luttent pour la liberté de leur pays sont taxés de terroristes, un label bâtard, collé sur leur front par des lâches pour falsifier le sens de leur engagement politique et les condamner à de lourdes peines.
Donc : La même personne est considérée comme un héros ou un terroriste, selon les circonstances. Si le régime usurpatoire de M6 venait à tomber aujourd’hui, les prétendument ‘ terroristes ‘ marocains seront des citoyens d’honneur et des héros, comme ceux de Tunisie.
Zerktouni Hansali Roudani Fetouaki Lahcen Idder El meskini………………………………..Tous ces braves nationalistes ont été considérés jugés et liquiés comme terroristwes par la France coloniale et bien avant eux d autres paysans et simples marocainsw ont été simlement tirés come des lapins sans jugement ni regrets!!
Mohammed Bne abdelkrim Khattabi MBK était aussi le terroriste dont la tête était mise à prix par l espagne la france et la grande bretagne?????????
Pour Belliraj,les soi disants salafiste,les févrietistes et autres Nobles marocains le régime impopulaire et illégitme les considèwre et les traite comme des non citoyens.
Le rapport dernier de l argentin de l ONU chargé des droits de l homme dans les prisons vient de déclarer que le régime marocain ne pewut nier l utilisation automatique de la torture!!
Voilà ou en est la monarchie divine d un voyou entouré d une mafia personnelle à l échelon national et même interantional.
Toutes les injustices qui frappent tant d’innocents torturés et enfermés sont autant d’armes, qui non seulement n’empêcheront pas, par la peur, l’expression de doléances légitimes, mais reviendront tôt ou tard en pleine figure des mafieux qui attentent aux libertés publiques et à la dignité. Leurs noms sont connus et ils n’échapperont pas à la juste vindicte populaire le moment venu, dussent-ils se réfugier à l’étranger.
Il suffit d’une étincelle car la masse critique est atteinte en termes de prédations sociale et économique.
merci le site Demain de relayer l’appel de la conjointe de Belliraj au près du public pour le sensibiliser de l’injustice de l’appareil judicaire marocain. malheureusement je remarque à chaque fois qu’il ya un article sur le cas Belliraj le clavier de faux démocrates qui fréquentent ce site cesse de tatonner. est-ce par ignorance de détails de l’affaire et des fondamentaux d’une justice équitable ou que ces procès pour terrorisme terrorisent les marocains à tel point qu’ils s’épuvantent à chaque fois qu’on chuchotte le mot terorisme. j’aime pas faire les raccourcis, mais je dirai tt simplement qu’on est loin d’etre une société démocratique et c’est la responsabilité de tout le monde.pas besoin de s’attarder sur les défaillances et vicissitudes de notre système judiciare qu’on dénonce tt le temps, je pense que les marocains en général ont une forte tendance à préjuger et cataloguer les personnes, on a cette tare dans le sang. Or, parmi les principes fondamentaux d’un procès équitable existent le principe de la présomption d’innocence et le contradictoire devant un juge impartial à fin d’atteindre un minimum de justice escomptée lors d’un procès. force est de reconnaitre que ces 2 principes ont été malmenés dans le cas de Belliraj. sans évoquer les éléments factuels qu’on connait pas, que les faits de l’affaire soient avérés ou pas. ce qu’on sait avec certitude, c’est le recours systématique et excéssif à la Torture pour arracher des avoeux et signer des procès verbaux sans meme lire le contenu, le commissaire unisien l’a confirmé dans son rapport. donc faut se poser une question élémentaire, c’est quoi le but d’un système judiciaire si ce n’est la recherche et le rétablissement d’une vérité pour le moins processuelle.pour provoquer ces personnes qui se la bouclent et se la ferment à chaque fois que le cas Belliraj est évoqué,supposant que les accusations dans cette affaire sont avérées, ce que je doute fortement, ces inculpés n’ont ils pas le droit de se défendre devant une justice impartiale en leur garantissant les moyens d’un procès équitable?? c’est tout simplement ce qu’elle demande l’épouse et la famille Belliraj. une autre question plus générique pourquoi on doit adhèrer tt le temps à la thèse de ce Mekhzen hautain qui nous traite comme des cancres en nous édictant ce ki bien et ce ki pas bien, ceki vrai de ce qui ne l’est pas. quand les marocains se rebelleront contre cet état de fait qui les réduit à un troupeau téléguidé. vous croyez vraiment que Ramid que les mauvaises langues lui attribue qu’il était conseillé officieux de Driss Bassri sur les questions islamiques, aurait accepté de défendre Belliraj si ce dernier était vraiment un terroriste.
Le Maroc emploie des techniques de torture
Le Monde.fr avec AFP | 24.10.2012
Un enquêteur de l’ONU a affirmé mardi que le Maroc utilisait la torture dans son propre pays et contre des opposants impliqués dans le conflit sur le Sahara occidental. « Il y a de nombreuses preuves d’une utilisation excessive de la force », a déclaré à la presse Juan Mendez, le rapporteur spécial de l’ONU sur la torture, après avoir présenté son rapport à l’Assemblée générale.
« Chaque fois qu’il est question de « sécurité nationale » [sous-entendu les intérêts du régime], il y a une tendance à utiliser la torture dans les interrogatoires. Il est difficile de dire si c’est très répandu ou si c’est systématique, mais cela arrive assez souvent pour que le gouvernement marocain ne puisse l’ignorer », a ajouté M. Mendez.
Ce dernier a donné des détails après avoir séjourné au Maroc et au Sahara occidental durant une semaine le mois dernier, tandis que le Conseil de sécurité débat actuellement de savoir si la mission de l’ONU dans la région doit disposer d’un mandat pour enquêter sur des violations des droits de l’homme.
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/10/24/le-maroc-emploie-des-techniques-de-torture_1779956_3212.html