La journaliste Latifa Boussaâden est morte
Il y a des décès qui vous laissent de marbre, parce que c’est la vie, parce que nous allons tous passer de l’autre côté un jour ou l’autre. Et il y a des décès qui ne vous laissent pas indifférent. Notre consoeur et amie Latifa Boussaâden est morte hier mardi 17 octobre vers 1h00 du matin, à Casablanca. Elle est partie après un très long et vain combat contre la maladie.
Latifa était cette jeune journaliste qui avait eu le courage, au début de ce siècle, quand tous les espoirs étaient permis, de demander une interview au tout nouveau roi Mohamed VI. Elle avait considéré que si le souverain accordait des interviews à la presse internationale, pourquoi ne ferait-il pas la même chose avec la presse que lisent ses fidèles sujets.
Elle se trompait. Je me rappelle le lui avoir dit. Quand il interviewe son interlocuteur, le journaliste doit être au même niveau que son « client », sinon ce ne serait plus du journalisme, mais un exercice de flagornerie.
Mohamed VI n’a jamais voulu accorder une vraie interview à un journaliste marocain parce qu’il considère, et son entourage avec, que les journalistes marocains, contrairement à leurs confrères étrangers, ne peuvent pas, même pas pendant l’interview, se hisser sur son piédestal. Ce serait la la Siba, pense-t-on au cabinet royal.
Latifa a essayé de briser ce tabou, elle a échoué. Et cette tentative lui attira l’intérêt malsain des services et quelques tracas dont elle avait la délicatesse de ne pas évoquer publiquement.
Latifa était aussi cette journaliste qui avait eu le courage de défier à sa manière le général Hamidou Laânigri, alors tout puissant patron de la DST, la police politique marocaine.
Je peux le dire aujourd’hui, c’est Latifa, qui travaillait alors au quotidien Al Ahdate Al Maghribiya, qui m’avait envoyé une photo dans laquelle on voyait le général Laânigri menacer d’un geste martial un photographe du même journal qui avait eu l’outrecuidance de le prendre en photo. Latifa avait pensé que seul Demain magazine était capable de publier cette photo, et c’est ce que j’ai fait en lui donnant la place qu’elle méritait en « une » de journal.
La publication de cette photo a fait grand bruit à l’époque et provoqué une réunion urgente de la direction de la DST chargée de « répondre » à l’affront fait à son patron. Car, l’intérêt de cette photo résidait évidemment dans ce geste menaçant qui résumait la puissance et la prépotence de ce général.
Et encore une fois, Latifa paya cher cette impertinence. Très cher. Comme elle me l’avait raconté quand elle me rendit visite au siège de Demain magazine à Rabat, en face de la Wilaya, après la publication de la photo le général Hamidou Laânigri envoya, avec le consentement de la direction d’Al Ahdate Al Maghribiya, un expert en informatique de la DST qui révisa tous les ordinateurs de la rédaction jusqu’à trouver celui par où avait transité la photo en question. C’était évidemment celui de Latifa.
Après, il y a eu une houleuse réunion entre la journaliste et son rédacteur en chef, Abdelkrim Lemrani, qui l’a menacé sans ménagement. « La DST peut te kidnapper d’un instant à un autre », lui lança-t-il. Après, elle fut, disons, « seulement » licenciée du journal.
A l’époque, j’avais offert à Latifa de travailler pour Doumane, la publication soeur de Demain magazine que nous venions juste de lancer. Elle collabora quelque temps avec nous puis un jour elle vint me voir pour me dire qu’elle partait. Je l’entends encore me dire : « J’ai envie de reprendre mes études et terminer mon doctorat ».
Elle ne travailla plus jamais dans aucun autre journal marocain. En fait, mais je ne l’ai su que plus tard, elle venait d’apprendre qu’elle était atteinte d’une cruelle maladie qui ne vous laisse pas beaucoup d’espoir. Les médecins lui donnaient quelques mois. Elle a tenu presque une décade.
Je sais par sa famille qu’elle a beaucoup souffert, et qu’après des années de combat elle avait décidé ces derniers mois de baisser les bras. Elle ne lisait plus la presse, n’allumait que rarement son ordinateur et ne s’intéressait à rien.
Elle a dû aussi souffrir du manque d’amitié et de soutien de certains de ses « amis ».
Ali Lmrabet
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إنا لله وإنا إليه راجعون
Va, légère silhouette, vers l’abîme de ton éternité!
Voilà bien notre destin d’humains d’abord, assujetis que nous sommes à la vérité de la mort. Mais également à l’arbitraire de ceux qui, grisés par le mensonge de leur autorité factice, s’imaginent à l’égal des dieux qu’ils ont inventé en renfort de leur domination.
Comme je l’ai souligné à maintes occasions, le statut du monarque est soustrait à la réalité anthropologique marocaine. Le lien qui l’unit aux Marocains est de la même nature que celui du Résident Général sous le protectorat francais. C’est à partir de la colonisation et jamais avant qu’un paradigme nouveau de l’autorité a vu le jour nourri de théories racistes, inhérentes à l’idéologie coloniale et inspirées de thèses prétendûment rationnelles. Gobineau ainsi que Renan Ernest, en étaient les inspirateurs attitrés non seulement en France mais dans l’ensemble des pays occidentaux intégrés à l’entreprise de domination des peuples non-européens. Ils faisaient partie de ces idéologues de la seconde moitié du XIXe siècle dont la réalisation majeure était la hiérarchisation de ce qu’ils avaient identifié comme races constitutives de l’humanité dans son ensemble, avec bien entendu l’octroi de prérogatives de direction et de commandement à la race blanche, jugeant les autres races inaptes à ce rôle. Le colonialisme entrait donc dans ce cadre de drection des autres races. C’est pouquoi, sous le protectorat, les indigènes ou races inférieures dominées, ne pouvaient en aucun cas, sous peine de mesures punitives, lors de doléances de n’importe quelle nature, demander audience auprès du représentant de la Métropole. Ce rôle était échu à l’administration indigène, celle-là même qui se maintient de nos jours à quelques infimes différence près. Quand le résident général a quitté le pays, lors de la soit-disant indépendance, son poste n’a jamais fait l’objet d’une quelconque abrogation car il semblerait qu’il y ait eu une espèce de contraction entre ce dernier et le statut traditionnel du sultan. Sous Hassan II, il y a eu renforcement du premier au détriment du second, car l’aspect populaire de la monarchie dont les empreintes étaient visibles sous Mohammed V a disparu laissant place à un roi omnipotent drapé de son inaccessibilité. Mohammed VI quant à lui, notoirement dépourvu d’imagination et d’authenticité a emboîté le pas au père, perpétuant ainsi le souvenir du Résident général colonial.
Toute mes condoleances a cette brave et rare femme.Je me sens tres maleheureux pour avoir appris sa mort.
Que Dieu ait son ame!
RIP Latifa !
Repose en paix latifa et sache que nous les vivants de ce monde nous continuons le combat vers un Maroc libre et sans injustice au les droit de chaque citoyenne sont respectes
QUE DIEU AIT SON AME EN SA SAINTE MISERICORDE!
paix à son âme.. et merci si lmrabet pour ce bel article en son honneur.. nous, les maghrébins nous manquons d’empathie bien souvent..
merci encore..
ثمرة قطفت قبل الأوان
رحمها الله وأسكنها فسيح الجنان
كانت صحافية جريئة وكاتبة ألمعية سيفتقدها عالم الصحافة الملتزم وستفتقدها عائلتها الصغيرة
وفي الليلة الظلماء يفتقد البدر
mes profonds condoléances pour sa famille et ses collègues, mes respects pour cette brave femme et mes remerciement à MR Ali LAMRABET pour cet article là dessus qui a mis la lumière sur cette fameuse journaliste,merci une autre fois.
Merci ssi Ali pour ce vibrant hommage,rendu à cette dame de qualité et d’honneur
INNA LILLAH WA INNA ILAYHI RAJI3OUNE. Des femmes et de hommes de cette trompe sont le véritable levier dans toute action de développement global et durable de notre pays. Pure perte.
c’est clair et net: elle a ete empoisonnee par la junte makhzenienne, et achevee par La3nigri et ses acolytes.
@Chifla toi tu a la langue trop pendu ! au point de lâcher ta diarrhée sans retenu !
Allah yanral li mayahcham !
QUICONQUE N’AVAIT PAS LU LATIFA NE POUVAIT DU TOUT AVOIR UNE IDEE
SUR LES VRAIS JOURNALISTES AU MAROC QUI CONTINUENT DE TRAVAILLER TOUJOURS INCONITO AVEC COURAGE EN DEPIT DES ALLECHANTES ALTERNATIVES.UNE PENSEE POUR TOI LATIFA : ALLAH IJAZIK
GRACE A DIEU NOUS AVONS D’AUTRES PERLES
Paix à son âme !
Un symbole et fierté du Pays qui s’étteint.
Quelle puisse reposer en paix.
Une lumière s’étteint…
Qu’elle repose en paix.
Merci Ali pour ce bel article.
Croyez-vous que le bœuf qu’on nourrit à l’étable pour l’atteler au joug, et qu’on engraisse pour la boucherie, soit plus à envier que le taureau qui cherche libre sa nourriture dans les forêts ?
Croyez-vous que le cheval qu’on selle et qu’on bride, et qui a toujours abondamment du foin dans le râtelier, jouisse d’un sort préférable à celui de l’étalon qui, délivré de toute entrave, hennit et bondit dans la plaine ?
Croyez-vous que le chapon à qui l’on jette du grain dans la basse-cour, soit plus heureux que le ramier qui, le matin, ne sait pas où il trouvera sa pâture de la journée ?
Croyez-vous que celui qui se promène tranquille dans un de ces parcs qu’on appelle royaumes, ait une vie plus douce que le fugitif qui, de bois en bois et de rocher en rocher, s’en va le cœur plein de l’espérance de se créer une patrie ?
Croyez-vous que le serf imbécile, assis à la table de son seigneur, en savoure plus les mets délicats, que le soldat de la liberté son morceau de pain noir ?
Croyez-vous que celui qui dort, la corde au cou, sur la litière que lui a jetée son maître, ait un meilleur sommeil que celui qui, après avoir combattu pendant le jour pour ne dépendre d’aucun maître, se repose quelques heures, la nuit, sur la terre, au coin d’un champ ?
Croyez-vous que le lâche, qui traîne en tous lieux la chaîne de l’esclavage, soit moins chargé que l’homme de courage qui porte les fers du prisonnier ?
Croyez-vous que l’homme timide qui expire dans son lit, étouffé par l’air infect qui environne la tyrannie, ait une mort plus désirable que l’homme ferme qui, sur l’échafaud, rend à Dieu son âme libre comme il l’a reçue de lui ?
Le travail est partout et la souffrance partout : seulement il y a des travaux stériles et des travaux féconds, des souffrances infâmes et des souffrances glorieuses.
F. de Lamennais –
Paroles d’un Croyant
Quelle dommage, monsieur Mrbet !!!!! J´admire DEMAIN et j´ai lu part de son oeuvre et je sais tres bien quoi vous a succedé á Tetouan et tout l´inferne que vous avez passé. Vous êtes un homme tres courageux et admirable. Cette new je regrette beaucoup, on voit une femme tres courageuse et bonne . Mais le roi ne veut parler avec les journalistes marocains, il ne veut savoir rien du peuple, au quelle il masacre et explote. Je sens beaucoup le desespoir du peuple marocain, je suis né à Melilla et jái habité la- bas 21 années, je connais bien le Maroc et j ádore tout moins le régime, déjá terrible aux temps de Hassan II. Doit ètre tres dur perdre une tel bonne copain comme Mme. Latifa. Je veux vous donner mon sentiment de doleur. Je veux vous désirer le mieux pour vous, pour DEMAIN et pour tous les marocains de bon coeur. Ça me touche beaucoup. Inshallah Latifa, vous même et toute la gente courageuse soit avec Allah. Je vous embrasse, monsieur Mrbet et je vous montre tous mes respects. SALAMA. Fdo : Ignacio Chasco Vila, Sevilla.
Suite à l’article sur la defunte ( que Dieu ait son âme ) Je reviens sur le refus des Rois ( HASSAN ET MED ) de recevoir les journalistes Marocains, parce qu’ils ont peur des portes-parole du peuple Marocain Libre. et quand le petit roi a peur d’affronter un journaliste c’est que forcèment il y a de quoi.