Mariano Rajoy refuse d’accorder le statut de résident à un ex-espion marocain
Quelques jours après la visite au Maroc du président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, Madrid a refusé d’accorder le statut de résident à Hicham Bouchti, un ex-espion ayant travaillé pour le ministère de l’intérieur marocain. Ce n’est sûrement pas une coïncidence.
Hicham Bouchti, un ex-barbouze des Forces auxiliaires (et oui, eux aussi ont des espions !), avait défrayé en 2006 la chronique judiciaire quand il avait accusé, à partir de Madrid où il s’était réfugié après s’être échappé du Maroc, les services secrets marocains de l’avoir approché pour « liquider » le journaliste marocain Ali Lmrabet qui travaillait alors pour le quotidien espagnol El Mundo.
Mais avant qu’un juge espagnol ne puisse l’entendre Bouchti disparut mystérieusement de la circulation avant de refaire surface à … Rabat.
Installé dans une confortable suite de l’hôtel Hilton de la capitale politique du Maroc, il donna une retentissante interview à deux médias marocains minutieusement choisis : le francophone Maroc hebdo et l’arabophone Al Ahdath Al Maghribiya, deux publications dont les accointances avec certains services de l’Etat ne sont plus un secret pour personne
« J’ai comploté contre mon Roi », dira Bouchti aux deux « journalistes » envoyés par leurs publications respectives, Majdouline El Atouabi pour Maroc hebdo et Mustapha Kinit pour Al Ahdath Al Maghribiya. Deux « journalistes » qui, soit dit en passant, ne travaillent plus dans la presse ….
Immédiatement après ces déclarations et leur diffusion, le procureur général de la cour d’appel de Casablanca, Abdellah El Alaoui El Belghiti. était monté au créneau pour annoncer qu’un juge d’instruction avait ordonné la constitution d’une commission rogatoire internationale afin d’entendre Ali Lmrabet en Espagne, ainsi que d’autres « comploteurs », dont un certain ex-capitaine Mustapha Adib. Ce dernier n’ayant jamais vu ni de loin ni de près Bouchti, et jusqu’à ce jour n’avait jamais entendu parler de lui…
De son côté, Maroc hebdo revenait à la charge en publiant en une la photo de Lmrabet avec ce gros titre : « Haute trahison ».
Mais coup de théâtre, avant de laisser les divagations marocaines aller plus loin, l’avocat de Lmrabet prévenait la magistrate de liaison de l’ambassade du Maroc à Madrid, la juge Naziha Harrak, qu’il n’y avait pas besoin de « commission rogatoire internationale » pour entendre le journaliste pour la simple raison que ce dernier se trouvait au Maroc, qu’il y résidait officiellement. L’avocat se faisant un malin plaisir de fournir à la juge l’adresse marocaine du « comploteur » et ses dates d’entrée via les aéroports de Casablanca et de Tanger.
Pour cette affaire, et jusqu’à aujourd’hui Ali Lmrabet n’a jamais été entendu ni par la police judiciaire, ni par un juge d’instruction ni par un procureur …
Quelque temps plus tard, deuxième coup de théâtre, l’accusateur Hicham Bouchi qui se voyait déjà à la tête d’une direction des Forces auxiliaires et croulant sous les honneurs, était arrêté et condamné après un procès expéditif à deux ans de prison ferme pour entre autre « escroquerie, escroquerie, immigration clandestine et calomnie». « Calomnie » contre qui ? Le roi du Maroc ou Ali Lmrabet ?
Quelque temps plus tard, c’est depuis sa cellule marocaine (et non espagnole!) où il purgeait sa peine, qu’il révélera les détails de sa récupération par les services secrets marocains à Madrid en 2006 et les tenants et aboutissants de cette affaire. Il racontera tout à deux hebdomadaires marocains Al Ousbouiya et Al Michaâl en donnant force détails sur comment il est entrée au Maroc (il sera « réceptionné » par le préfet de police de Nador en personne), son voyage à Rabat et les noms de ses interlocuteurs : l’actuel conseiller royal Fouad Ali El Himma et le général Hamidou Laânigri, qui dirigeait alors la DST, la police politique marocaine.
Depuis sa cellule marocaine, Bouchti racontera ce que ces deux personnalités obscures lui avaient promis : la réintégration dans les forces auxiliaires, une augmentation de salaire et d’autres faveurs. Il dira son dépit d’avoir été manipulé et, élément truculent, il expliquera que la fameuse interview avec Maroc hebdo et Al Ahdath Al Maghribiya, n’a en fait jamais eu lieu. Les deux « journalistes » se contentant de venir prendre des photos et d’échanger quelques propos avec lui.
On comprend mieux maintenant pourquoi ces deux « »professionnels » ne travaillent plus dans la presse…
A l’époque de ces révélations à Al Ousbouiya et à Al Michaâl, l’hebdomadaire Al Ayyam avait chargé la journaliste Maria Moukrim, actuelle directrice du site Febrayer, d’interviewer Hicham Bouchti, mais devant l’ampleur des révélations de ce dernier, le directeur de la publication, Nordine Miftah, refusa sa publication. Une information confirmée par Mme Moukrim.
En réalité, quand Bouchti était à Madrid l’objectif des services secrets marocains était de le faire revenir au Maroc avant qu’il ne déclare pas devant un juge espagnol qui aurait immédiatement demandé d’entendre plusieurs hautes personnalités marocaines impliquées dans cette affaire.
En refusant aujourd’hui de délivrer le statut de résident à Bouchti, qui se trouve bloqué depuis plusieurs années à Melilla, après s’être échappé une nouvelle fois du Maroc, le gouvernement de Mariano Rajoy veut encore une fois empêcher l’ex-espion de chanter.
Hicham Bouchti peut dire ce qu’il veut. Ses déclarations peuvent être vraies ou fausses. C’est peut-être un homme qui raconte des vérités, ou bien un affabulateur. Mais, dans un véritable Etat de droit, seul un juge peut séparer le bon grain de l’ivraie.
Demain
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Quelle histoire ! Nos barbouses ne vont pas etre fier, les pseudos journalistes non plus y compris miftah qui ne dit pas toute la verite a ses lecteurs. Merci demain pour cette histoire toute croustillante.
DE MEME JE DIRAIS , JE NE SAIS PAS SI VOTRE PSEUDO JOURNALISME D INVESTIGATION SERAIT UNE FICTION OU UNE RECONSTITUTION D UN FAIT RÉEL …CAR LA LIGNE EDITORIALE DE CE SITE A UNE OBSESSION MORBIDE POUR CE GENRE D HISTOIRES QUI FONT DORMIER DEBOUT..
Le combat de la souris et l’éléphant n’est pas gagné d’avance, mais dès que la souris commence à courir et faire du bruit, l’éléphant panique et ne se prive pas de marcher et casser sur tout ce qui bouge.
Morale de l’histoire…!
C’est le prix à payer pour être espion au Maroc.
Obéir aveuglement sans réfléchir,
Commettre des actes réprimés par la loi,
On te tire des ficelles comme une marionnette,
Si tu protestes, c’est la prison,
Être naïf,
Détester tes semblables,
Si tu renonces à ton travail, tu le paieras très cher,
Est-ce vraiment un travail d’être espion au service de la dictature marocaine?